Les Maristes : entre mythe résidentiel et réalité insalubre (Par Ismaël Fall)

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Le quartier des Maristes est situé dans la région de Dakar, capitale du Sénégal. Il relève de la commune d’arrondissement de Hann Bel-Air, au sein du département de Dakar. À vocation essentiellement résidentielle, il occupe une position stratégique dans la partie Est de la ville, à proximité de plusieurs axes routiers majeurs.

Les Maristes bénéficient d’un emplacement privilégié, bordé par des zones clés de l’agglomération dakaroise. À l’Ouest, ils jouxtent les quartiers Hann Maristes 1 et 2, ainsi que l’ancienne zone industrielle de Hann. Au Nord, ils sont connectés aux quartiers de Grand Yoff et de la Patte d’Oie grâce à l’autoroute de l’Avenir. Vers l’Est, le quartier s’ouvre sur Keur Massar et Pikine, facilitant ainsi l’accès à la grande banlieue. Au Sud, les Maristes sont proches de la baie de Hann et de l’océan Atlantique, bien que l’accès direct à ces espaces soit restreint par la zone industrielle et le port.

Un mythe résidentiel confronté à une réalité amère

À première vue, le quartier des Maristes apparaît comme un espace résidentiel prisé, doté d’infrastructures modernes et d’un cadre de vie digne des plus belles résidences de Dakar. Cette apparence flatteuse alimente un mythe tenace auprès des locataires désireux de s’y établir durablement. Pourtant, une fois sur place, beaucoup découvrent une réalité bien plus sombre : routes dégradées, eaux usées ruisselantes, et environnement urbain en détresse. Le choc est souvent si fort qu’il laisse, chez certains, un profond sentiment de regret.

Plusieurs zones en témoignent. À Maristes 1, la route qui part de l’école japonaise pour rejoindre l’immeuble Zeyna, en passant par la boulangerie Chez Moussa jusqu’à Marodi, illustre parfaitement cette dégradation. À Maristes 2, notamment du côté de Dalifort, ainsi qu’à Keur Ngor et autour du parc de Hann, le constat est similaire. Cette situation entrave sérieusement le quotidien des habitants, qui nourrissent l’espoir de voir, un jour, émerger des infrastructures dignes de ce nom, dans un environnement salubre.

Une dénonciation nécessaire

Si ma plume se fait aujourd’hui l’écho de cette réalité, c’est parce que cette situation est trop répandue dans les quartiers Maristes 1 et 2, comme dans l’ensemble de la commune de Hann Bel-Air. En comparaison avec d’autres zones telles que Yarakh ou Hann Village, une forme d’injustice géographique ou de dysfonctionnement dans la gestion territoriale semble évidente. Il est alors légitime d’interpeller les autorités locales, dont la mission est pourtant d’assurer une gestion équitable du territoire, sans favoritisme ni contrepartie. Mais au-delà des collectivités locales, l’État central a lui aussi une responsabilité pleine et entière. Garant du bien-être socio-économique des citoyens, il se doit d’accompagner efficacement les collectivités dans leur développement durable.

Depuis sept longues années, j’observe avec inquiétude les rues des Maristes menacées par les eaux usées, souvent déversées par les habitants eux-mêmes, mettant ainsi leur santé en danger. Une citation dit : « Le luxe de toute société vient d’elle-même. » En vérité, si parfois les Maristes semblent impropres, c’est aussi parce que leurs habitants protègent jalousement leurs villas tout en négligeant les espaces communs qu’ils contribuent à polluer inconsciemment.

Un appel à la responsabilité collective

C’est précisément ce paradoxe qui motive cet article. Chaque jour, les eaux usées sont à l’origine de nombreuses maladies. D’un quartier à l’autre, les fosses septiques débordent et se répandent dans les rues, dans une indifférence quasi générale, tant de la part des habitants que des autorités. Il suffit d’observer la route reliant l’intersection de Keur Ngor à l’immeuble Zeyna à Maristes 1, ou encore le rond-point près de la station EDK à Maristes 2, pour s’en convaincre.

Aujourd’hui, les Maristes évoluent dans un cadre insalubre et dégradé. Les routes, les rues et l’ensemble des infrastructures doivent faire l’objet d’une politique de réhabilitation sérieuse, durable et inclusive. Il est urgent que les autorités locales, l’État central et les populations prennent conscience de leur rôle respectif et s’engagent, collectivement, à transformer ce quartier en un véritable modèle de développement urbain au service du bien commun.

Ismaël Le Merciste
Sociologue, écrivain, acteur du développement communautaire

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